Une journée avec une gynécologue de la fertilité

Pour France Pinel et Perrine Tiberghien,  gynécologues à la clinique du Parc de Saint-Saulve, près de Valenciennes, la journée de travail en clinique de fertilité est plutôt rythmé.

De 7h30 à 8 h : échographies de suivi de stimulation ovarienne pour les femmes qui travaillent.

De 8h à 9h30 : ponction d’ovocytes sous anesthésie générale. Chaque ponction dure en général une demi-heure.

De 9h30 à 10h30 : à nouveau échographies de suivi de stimulation ovarienne, qui seront mises en rapport avec les résultats de la prise de sang délivrés l’après-midi.

De 10h30 à 12h30 : inséminations artificielles

De 12h30 à 13h : visite des patientes ponctionnées le matin et délivrance de l’autorisation de sortie.

A partir de 13h30 : consultations d’environ une demi-heure.

Docteur Pinel, gynécologue, à la clinique de fertilité Saint-Saulve à Valenciennes.

Enceinte dès le premier essai de FIV

« On m’a d’abord dit que mon infertilité était psychologique », se souvient Ingrid. Après un parcours médical chaotique, la jeune femme de 32 ans découvre de multiples kystes aux ovaires, rendant l’ovulation difficile. Le spermogramme de son mari évoque la présence d’agglutinats. « Après deux ans de tentatives, nous avons décidé de prendre rendez-vous à la clinique de la fertilité de Saint-Saulve. Nous avons été entièrement pris en charge. Nous avons orientés directement vers une Fécondation In Vitro, car dans notre cas, cette technique avait plus de chances de réussir », raconte la secrétaire médicale, habitant à Bouchain, près de Valenciennes. « Et effectivement, ça a marché du premier coup. Nous attendons une petite fille pour cet été. » Bérangère, elle, est maman depuis deux mois de jumelles. « On essayait de faire un bébé depuis trois ans », explique cette habitante d’Orchies. « Après examens, on s’est aperçu que ma glaire cervical ne laissait pas passer les spermatozoïdes. » La trentenaire a tenté quatre inséminations artificielles avant d’effectuer une Fécondation In Vitro. « Je suis tombée enceinte dès la première FIV », se réjouit Bérangère. « Nous avons eu de la chance de n’attendre finalement qu’un an et demi. D’autres parcours peuvent durer trois ans ou plus. En voyant mes petites filles aujourd’hui, je me dis que ce qui compte avant tout, c’est le résultat ! »

La fécondation expliquée par une gynécologue

« Quand les examens sont normaux, on peut considérer qu’un couple est infertile au bout de deux ans », explique la gynécologue France Pinel. « Six mois après l’arrêt de la pilule, on estime que la femme a 20% de chances de tomber enceinte. » C’est à ce moment qu’il faut penser à faire appel à une clinique de la fertilité. Lors de la première consultation, le Dr Pinel commence par questionner sur le parcours du couple et ses antécédents médicaux. Elle réexplique ensuite avec un schéma comment fonctionne la fécondation. Une étape essentielle pour comprendre à quoi vont servir les tests et le traitement médical.

Video : une gynecologue explique les conditions d’une fécondation

Infertilité : les principales difficultés

L’origine. A l’origine des infertilités, on trouve souvent des divorces conflictuels des parents. « Les situations n’ont souvent pas bien été expliquées », avance Jacquie De La Haye, psychologue. Chez les hommes particulièrement, les violences physiques ou psychologiques de l’enfance peuvent avoir des conséquences sur la procréation. « Même s’ils souhaitent faire des enfants, le système hormonal peut se perturber ». Les six premières années de la vie de l’enfant sont primordiales.  Pour guérir de ces blessures, une psychothérapie au long court est souvent nécessaire.

L’incompréhension. « Les parcours de procréation médicalement assistée ont tendance à détruire les couples », constate Jacquie La Haye, psychologue. D’un côté, une femme qui se sent privée de maternité. De l’autre, un homme qui souffre également mais s’interdit de pleurer, sans savoir comment aider sa bien-aimée et parfois même en pensant que c’est lui qui la fait souffrir. « Seule une bonne communication peut rapprocher et renforcer une relation ».

L’attente. Entre la décision de prendre rendez-vous dans une clinique de la fertilité et le premier résultat du test de grossesse, le traitement peut prendre quelques mois. Objectif durant ce temps d’attente : préserver sa vie de couple. « L’homme et la femme doivent réussir à se parler de leurs souffrances, en allant plus loin que l’espoir que tout se passe bien. » Parfois, quand les mots ne suffisent pas, il suffit parfois de se prendre dans les bras.

Le manque de communication. Entrer dans une démarche de procréation médicale assistée est loin d’être anodin. Le couple doit savoir parler de ses souffrances. « Difficile dans ce cas de figure de se contenter d’un laconique « Ca va aller » ».  Se parler permet de mieux se comprendre, de mesurer la souffrance de l’autre, de mieux interpréter les réactions.


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